"Un switch optique pour un Internet 100 fois plus rapide"
Jeudi 09 Septembre 2004 à 19:20

"Une équipe de chercheurs des Universités de Carleton et de Toronto ont mis au point une technologie qui devrait contribuer à rendre Internet jusqu'à 100 fois plus rapide qu'actuellement, en exploitant au mieux la vitesse des fibres optiques qui forment la base de son infrastructure.

 

Ils utilisent des "buckyballs", des molécules comptant 60 atomes de carbone organisées en forme de cage parfaitement symétrique. La structure nanoscopique tient son nom de Buckminster Fuller, l'inventeur de la structure géodésique, similaire à celle des "balles" en question.

 

Un film d'un polymère spécialement développé pour cette application rassemble ces éléments en un matériau composite chargé en électrons. Tout faisceau lumineux le traversant permet alors de contrôler la direction d'autres faisceaux, donc de constuire des switchs optiques, sortes d'échangeurs entre fibres optiques.

Un réseau intégrant cette technologie pourrait approcher la limite théorique de vitesse des données transportées par fibres optiques, puisque ce sont les connexions et les extrémités des fibres qui constituent les goulets d'étranglement. En particulier, la conversion optique/électronique/optique imposée aux données transitant pour un switch est une source de ralentissements particulièrement gênante.

Mais, dans l'immédiat, le switch optique ne sera pas utile. D'abord parce que ses composants, encore peu éprouvés, ne résisteraient sans doute pas dans des conditions de production. Et surtout parce que le matériel nécessaire à son fonctionnement reste encore à inventer !

En effet, un ordinateur optique serait nécessaire pour analyser les données, déterminer leur destination et les orienter en conséquence. Dans l'état actuel de la technologie, seul une machine classique, donc électronique et comparativement lente, peut effectuer ces tâches... ce qui rend inutile les progrès réalisés sur la partie optique du switch.

L'équipementier américain Infinera semble avoir une solution intermédiaire à proposer. il s'agit d'associer des technologies optiques et électroniques dans un circuit intégré. Baptisée "photonique" en conséquence, elle permet déjà à chaque puce de compter 10 canaux de 10 Gbps chacun.

Les responsables d'Infinera se veulent optimistes et comparent l'optique d'aujourd'hui aux semiconducteurs d'il y a 40 ans, avec la promesse de progrès déterminants. Mais des observateurs du marché constatent une faible demande pour les dernières générations de réseaux, offrant un débit de 40 Gbps... dans ces conditions, la question de l'intérêt d'une infrastructure 100 fois plus rapide est posée.

En attendant notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !"

 

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Bertrand LAZARE
Managing Director of Indialley (+230 207 30 74)

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Sources de veille : Le Journal du net – Le monde

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