"Le tableau blanc interactif"
Mardi 06 Septembre 2005 à 19:20

"Adieu la craie crissant sous le vieux tableau noir: les sept écoles élémentaires de Sorgues, petite commune du Vaucluse proche d'Avignon en France, ont toutes été dotées d'un "tableau blanc interactif" électronique, qui obéit au doigt et à l'oeil.

"Qui veut aller au tableau ? ", lance l'instituteur. "Moi, moi!", scandent la quasi totalité des enfants, âgés de neuf à dix ans, levant un index enthousiaste. Dans la classe de Bernard Grinbaum à l'école des Bécassières, équipée dès décembre 2004, les 21 nouveaux élèves de CM1/CM2 n'ont découvert cet outil que depuis quelques jours mais ils sont déjà conquis. L'utilisation du TBI (tableau blanc interactif), couplé à un simple ordinateur portable et à un vidéo-projecteur, est un jeu d'enfant. "Le doigt remplace la souris, on peut écrire dessus, souligner, effacer et tout mettre en mémoire pour y revenir un autre jour", explique M. Grinbaum.

"Pour les élèves, se déplacer pour aller au tableau n'a plus le même sens qu'avec le tableau traditionnel. On y va pour faire des choses avec les mains, et il réagit ! C'est plus facile et moins intimidant", souligne le maître. Le premier exercice est un grand classique : il s'agit de trouver des mots manquants dans un texte de quelques lignes. Le premier, Florian se lève pour aller vérifier si la réponse qu'il a inscrite sur sa feuille est correcte. Il lui suffit de passer le doigt sur la case blanche et la "glisser" vers le "révélateur". Pas de chance, il s'est trompé, mais ne semble pas mal à l'aise pour autant.

"Le TBI parle davantage aux élèves en difficulté, ce sont ceux qui ont le plus besoin de manipuler avec les mains. Et le maître n'est plus le seul interlocuteur, c'est le tableau qui donne la réponse", explique Annick Prioux, inspectrice de l'Education nationale. Connecté à internet, le TBI permet également d'utiliser les nombreux outils disponibles en ligne, dont la plupart proviennent de Grande-Bretagne, très en avance dans ce domaine, selon M. Grinbaum.

Heureusement, la barrière de la langue n'est pas gênante pour le calcul, et les élèves de la classe peuvent aisément réviser leurs tables de multiplication à l'aide d'un petit jeu vidéo. Ils n'ont pour cela qu'à "taper" sur les méchants fantômes qui surgissent à l'écran, porteurs d'un multiple de trois, en évitant soigneusement les fantômes "amis" porteurs d'autres nombres. Quelques minutes de démonstration suffisent : ils connaissent leur leçon sur le bout du doigt. Un simple logiciel grand public transfigure enfin l'austère leçon de géographie. La Terre apparaît en trois dimensions et tourne à volonté d'un mouvement de doigt sur le TBI, révélant les différents pays déjà découverts au cours des leçons précédentes, que les élèves situent sans difficulté.

Pour M. Grinbaum, l'expérience n'a eu que des avantages : "c'est un outil souple, riche, les ressources disponibles sur Internet permettent de pallier le manque de matériel et de réduire le temps de préparation". "Le TBI ne remplace que le tableau noir, pas le crayon et le papier, et il n'occupe pas la totalité du cours", insiste Annick Prioux. Convaincu par l'expérimentation financée par l'Education nationale, le sénateur maire de Sorgues Alain Milon a débloqué 30.000 euros pour doter de TBI les six autres écoles élémentaires de la ville, où ils seront installés d'ici la fin septembre. Voilà de quoi donner une nouvelle dynamique adaptée aux évolutions de notre temps !

En attendant notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !"

 

 


Bertrand LAZARE
Manager de Operaction
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Sources de veille : Le Journal du net – Le monde – l'atelier