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"Adieu la craie crissant sous le vieux
tableau noir: les sept écoles élémentaires de Sorgues, petite commune
du Vaucluse proche d'Avignon en France, ont toutes été dotées d'un
"tableau blanc interactif" électronique, qui obéit au doigt
et à l'oeil.
"Qui veut aller au tableau ?
", lance l'instituteur. "Moi, moi!", scandent la quasi
totalité des enfants, âgés de neuf à dix ans, levant un index
enthousiaste. Dans la classe de Bernard Grinbaum
à l'école des Bécassières, équipée dès décembre 2004, les 21 nouveaux
élèves de CM1/CM2 n'ont découvert cet outil que depuis quelques jours
mais ils sont déjà conquis. L'utilisation du TBI (tableau blanc
interactif), couplé à un simple ordinateur portable et à un vidéo-projecteur, est un jeu d'enfant. "Le
doigt remplace la souris, on peut écrire dessus, souligner, effacer
et tout mettre en mémoire pour y revenir un autre jour",
explique M. Grinbaum.
"Pour les élèves, se déplacer pour aller au
tableau n'a plus le même sens qu'avec le tableau traditionnel. On y
va pour faire des choses avec les mains, et il réagit ! C'est plus
facile et moins intimidant", souligne le maître. Le premier
exercice est un grand classique : il s'agit de trouver des mots manquants
dans un texte de quelques lignes. Le premier, Florian se lève pour
aller vérifier si la réponse qu'il a inscrite sur sa feuille est
correcte. Il lui suffit de passer le doigt sur la case blanche et la
"glisser" vers le "révélateur". Pas de chance, il
s'est trompé, mais ne semble pas mal à l'aise pour autant.
"Le TBI parle davantage aux élèves en
difficulté, ce sont ceux qui ont le plus besoin de manipuler avec les
mains. Et le maître n'est plus le seul interlocuteur, c'est le
tableau qui donne la réponse", explique Annick Prioux, inspectrice de l'Education nationale.
Connecté à internet, le TBI permet
également d'utiliser les nombreux outils disponibles en ligne, dont
la plupart proviennent de Grande-Bretagne, très en avance dans ce
domaine, selon M. Grinbaum.
Heureusement, la barrière de la langue n'est pas
gênante pour le calcul, et les élèves de la classe peuvent aisément
réviser leurs tables de multiplication à l'aide d'un petit jeu vidéo.
Ils n'ont pour cela qu'à "taper" sur les méchants fantômes
qui surgissent à l'écran, porteurs d'un multiple de trois, en évitant
soigneusement les fantômes "amis" porteurs d'autres
nombres. Quelques minutes de démonstration suffisent : ils
connaissent leur leçon sur le bout du doigt. Un simple logiciel grand
public transfigure enfin l'austère leçon de géographie. La Terre
apparaît en trois dimensions et tourne à volonté d'un mouvement de
doigt sur le TBI, révélant les différents pays déjà découverts au
cours des leçons précédentes, que les élèves situent sans difficulté.
Pour M. Grinbaum,
l'expérience n'a eu que des avantages : "c'est un outil souple,
riche, les ressources disponibles sur Internet permettent de pallier
le manque de matériel et de réduire le temps de préparation".
"Le TBI ne remplace que le tableau noir, pas le crayon et le
papier, et il n'occupe pas la totalité du cours", insiste Annick
Prioux. Convaincu par l'expérimentation
financée par l'Education nationale, le sénateur maire de Sorgues
Alain Milon a débloqué 30.000 euros pour doter de TBI les six autres écoles
élémentaires de la ville, où ils seront installés d'ici la fin
septembre. Voilà de quoi donner une nouvelle dynamique adaptée aux
évolutions de notre temps !
En attendant notre prochain échange,
bons succès dans ce nouveau monde !"
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