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"L'Inde
demeure la destination favorite pour la délocalisation de développement
de logiciels et de services informatiques. En 2004, le chiffre
d'affaires des SSII indiennes a représenté 44% des revenus mondiaux
du secteur, soit 17,2 milliards de dollars, selon des estimations de
la Nasscom (India's National Association of
Software and Service Companies).
Les sociétés indiennes ont été suivies par celles du Canada (12,6
milliards de dollars), de la Chine (1,9 milliard de dollars), de
l'Europe de l'Est (1,8 milliard de dollars), des Philippines (0,9
milliard de dollars) et du Mexique (0,5 milliard de dollars). Un
classement identique est attendu pour 2008.
Ainsi, depuis
que l'Inde est une destination de prédilection pour la délocalisation,
les SSII locales se portent bien. Les trois principaux acteurs du
secteur, Wipro, Tata Consulting et Infosys Technologies, ont enregistré une
croissance significative sur l'année écoulée. Basée à Bangalore, Wipro a totalisé 280 millions d'euros de bénéfices
pour son année fiscale, terminée fin mars, soit une hausse de 58% en
un an. Son chiffre d'affaires a augmenté de 39% atteignant 1,4
milliard d'euros. Sa rivale de Bombay (Mumbai),
Tata Consultancy Services, à vu son chiffre
d'affaires (1,7 milliard d'euros) comme ses bénéfices (401 millions
d'euros) exploser de 30%, faisant d'elle la première entreprise
indienne à réaliser un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1,5
milliard d'euros. Le bilan est également bon pour Infosys
Technologies. Basée elle aussi à Bangalore, la SSII a dégagé 325
millions d'euros de bénéfices et 1,2 milliard d'euros de chiffre
d'affaires.
Mais la
nouveauté vient du fait que les sociétés de services indiennes font
un pas en direction des entreprises européennes. Concurrencées par
les pays d’Europe de l'Est, plusieurs cherchent à s’y
installer dans l'espoir de séduire des clients qui trouvent l'Inde
trop éloignée. Ainsi, pour continuer de séduire les candidats à la délocalisation,
les sociétés de services informatiques (SSII) indiennes ont décidé de
se rapprocher d'eux. Plusieurs d'entre elles, parmi les plus
importantes du pays, vont s'implanter en Europe centrale et
orientale, nouvelles zones de développement économique à faibles coûts
d'implantation. Dans ce contexte Satyam, la
quatrième SSII du pays, ouvrira début novembre une filiale en Hongrie
dédiée au support client (centre d'appels). Deux autres sociétés
indiennes seraient aussi en cours de négociations pour trouver de
nouveaux débouchés en République tchèque. Pays séduisant, en raison
des coûts de production et des salaires relativement bas. Avec un
revenu mensuel moyen de 570 euros, elle reste avantageuse, malgré une
hausse des prix de l'immobilier à Prague. Les pays d'Europe de l'Est,
dont les nouveaux entrants dans l'Union européenne, s'affichent comme
une alternative viable à la concurrence indienne.
Devant le
succès de la destination, l'Inde est confrontée à une pénurie de main-d'oeuvre
polyglotte. Dans les cinq prochaines années, elle va manquer de
personnes parlant d'autres langues européennes que l'anglais. Seuls 40.000
Indiens, au maximum, les pratiqueraient, contraignant le pays à embaucher
jusqu'à 120.000 étrangers répondant aux compétences recherchées. Beaucoup
de ces professionnels multilingues devront être recrutés directement
en Europe pour travailler dans l'industrie de l'informatique et des
services. Les tâches à accomplir incluent notamment la collecte
d'informations, le travail sur des documents, les services basés sur
l'usage de la voix, et les processus de transactions. Selon Evalueserve, l'objectif des SSII indiennes est
d'accaparer une plus grande part du marché européen de
l'externalisation. Et de réduire le risque de dépendre, pour 80% de
leur activité, du Royaume-Uni et des États-Unis. Pour attirer des
travailleurs européens, l'Inde offre des primes et une qualité de vie
intéressante dans une économie florissante. Les professionnels européens
les plus recherchés sont les Néerlandais, les Français, les
Allemands, les Italiens, les Espagnols et même les Russes.
En attendant notre prochain échange,
bons succès dans ce nouveau monde !"
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