"Perspectives mondiales"
Mardi 31 Mai 2005 à 19:20

"L'Observatoire français des conjonctures économiques a publié fin avril ses perspectives économiques mondiales pour les années 2005 et 2006. Après une année 2004 qualifiée d'exceptionnelle, puisqu'elle enregistre une croissance mondiale moyenne de 5 % (contre 4 % en 2003), l'OFCE prévoit une progression similaire pour les deux années à venir. Cependant, tous les pays ne sont pas concernés de la même manière par cette croissance. Si les Etats-Unis et la Chine sont présentés comme en pointe, la zone euro et le Japon sont exclus de cet "axe de croissance". Pour la première, le PIB en volume ne devrait croître que de 1,5 % en 2005 (et 2,1 % en 2006) tandis que le pays du Soleil Levant connaîtra une progression à la marge (+ 0,7 % en 2005 et + 1,4 % en 2006). De plus, l'OCDE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance 2005 et 2006 pour ses trente pays membres. Elle table désormais sur une hausse de 2,6 et 2,8 % en 2005 et 2006, contre 2,9 et 3,1 % précédemment.

 

Si l'avenir s'annonce donc plus radieux pour les Etats-Unis et Chine, mais l'OFCE souligne les dangers de la forte hausse du prix du baril (+ 50 % au premier semestre 2005) et le déficit courant des USA qui se creuse tant et plus (6,3 % du PIB à fin 2004). Une dette qui est pour l'instant financée par les banques centrales asiatiques,.Pour la Chine, en revanche, les indicateurs sont au vert mais la levée des quotas dans l'industrie textile qui lui a profité fortement cette année commence à créer de profondes inimitiés dont les diverses organisations de contrôle du commerce mondial prennent note pour veiller à limiter les abus.

 

Concernant les performances des pays européens, l'OFCE et l'OCDE sont tous deux relativement pessimistes. Les performances des pays de la zone euro sont décevantes (+ 1,7 % du volume du PIB en 2004). Le premier semestre 2004 avait laissé présager un rebond de l'économie européenne mais la deuxième moitié de l'année a annihilé tous les espoirs. Ces mauvaises performances trouvent leur explication dans la hausse du prix du pétrole et l'appréciation de l'euro. Pour autant, ces deux éléments n'expliquent pas tout, puisque certains pays européens (pays nordiques, France, Espagne, Royaume-Uni...) surnagent quand d'autres, à commencer par l'Italie et l'Allemagne, affichent des taux de croissance prévisionnels pour 2005 en deçà de 1 %.

 

Ces facteurs qui n'incitent pas la population à consommer et font que la demande intérieure en Europe demeure globalement faible. L'OCDE et le FMI (Fonds monétaire international) vont même jusqu'à suggérer une baisse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (- 0,5 %) pour stimuler la croissance. Dans ce paysage plutôt sombre, la France s'en sort finalement mieux que la moyenne. Après une croissance extrêmement faible en 2003 (+ 0,5 %), l'Hexagone a bien rebondi l'an passé, s'adjugeant une hausse de 2,4 %. Pour 2005 et 2006, les croissances prévues par l'OFCE pour la France sont respectivement de 2,2 et 2,4 %. Le recul de l'épargne explique notamment la hausse de prix de l'immobilier et des taux d'intérêt relativement bas. Ces deux facteurs incitent les ménages à contracter des crédits, ce qui a pour effet de stimuler la consommation.

 

Le ralentissement de la demande mondiale, l'essoufflement de la reprise de la consommation et un euro toujours "cher", sont mis en avant pour expliquer le scénario mitigé envisagé par l'OFCE. A cela s'ajoutent des risques susceptibles de bouleverser complètement le pronostic avec en tête, une crise pétrolière majeure, un ralentissement mondial de la croissance ou encore une profonde chute du dollar. Pour la zone euro, une accentuation de la mauvaise santé de l'économie allemande et italienne pourrait également être un fort handicap.

En attendant notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !"

 

 


Bertrand LAZARE
Manager de Operaction

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Sources de veille : Le Journal du net – Le monde – l'atelier