"Le
23 mars 2006, après plus de 3 mois de débats
virulents, l'Assemblée nationale
Française a finalement voté, le projet de loi DADVSI
(Droit d'Auteur et Droits Voisins
dans la Société de l'Information)
par 296 voix contre 193. Au même moment, "Online
Publisher Association" (OPA) publiait les
résultats d'une étude de mesure
d'audience relative à l'usage d'Internet.
En
progression de 15 % par rapport
à 2004, le marché de l'Internet
enregistre une progression légèrement
supérieure aux deux années
précédentes, mais avec un rythme
de croissance qui tend à s'essouffler.
Et comme les années précédentes, le principal
moteur de croissance avec plus de 38,8 %
reste largement le secteur des loisirs,
représentant 28,7 % de part de
marché, soit 573,8 millions de dollars de
chiffre d'affaires en 2005. Le monde du
divertissement trône loin devant les 2
autres secteurs porteurs que sont les sites de
rencontres (25,2 % de part de marché, 7% de
croissance) et les informations professionnelles
boursières (16 % de part de marché avec
une croissance de 2,4 %). Ainsi, ces trois catégories
représentent à elles seules 70
% des dépenses en contenus payants
aux Etats-Unis contre 66% en 2004.
Tous
secteurs confondus, c'est l'abonnement mensuel
qui reste majoritairement le modèle économique
le plus utilisé par les internautes américains
(96 % en moyenne). Le secteur du divertissement
tend quant a lui vers un modèle du paiement
à l'acte plus important (47,1 % des revenus
de 2005, contre 52,9 % pour les abonnements). D'où le
succès des plateformes telles que
i-tunes, vendant à la fois des abonnements
permettant l'accès à divers titres, comme le
paiement à l'acte de téléchargements.
Dans
ce contexte, certains auteurs de musiques
sont inquiets de voir le développement
des téléchargements gratuits ou
pour un abonnement fixe, via les diverses
plateformes "peer to peer". C'est pourquoi la loi
DADVSI a pour objet de mettre des barrières
aux téléchargements illégaux,
en prévoyant des sanctions graduées.
Le téléchargement pour usage personnel
est désormais passible de 38 euros
d'amende en cas de flagrant délit, et la mise à
disposition sur Internet de fichiers illicites
coûtera 150 euros aux coupables.
En revanche la Loi réserve des
amendes lourdes concernant les fournisseurs
de solutions techniques. Ces derniers risquant 3
ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amendes.
Mais d'autres auteurs comprennent qu'outre l'évolution
des médias, les plateformes actuelles
ne sont ni plus ni moins qu'une évolution
drastique des maisons de disques qui
voient leurs ventes de CD physiques se réduire
comme neige au soleil, dans les réseaux
de distributions traditionnelles. Certains chanteurs
comme le rockeur français des années
80, Jean-patrick CAPDEVIELLE, ont parfaitement
compris la situation et se mettent en
ligne directe avec leurs acheteurs potentiels
pour les impliquer dans ses projets de création,
leur permettre l'achat privilégié
en ligne et l'accès à d'autres
médias répondant aux nouvelles
attentes de cette génération
(sonneries, vidéos etc.
)
.
Bref, la révolution numérique
va non seulement, transformer les acteurs de la chaîne
de distribution, mais aussi permettre la révélation
de nombreux talents, dont le filtre incontournable
des maisons de disques est en train de
tomber.